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30/09/2009

28. FARCES ET ATTRAPES

On peut compter sur les doigts d’une seule main les expériences capables de susciter un sentiment suffisamment chargé d’horreur, de grandeur ou d’absolue stupeur qui ait le pouvoir de faire se dresser l’homme tout entier devant l’entièreté de son négligeable lui-même, de la terrible insignifiance qu’est toute existence, y compris la sienne propre. Moi, par exemple, je serais apparemment, depuis peu, le « père » d’une sorte de prodigieuse petite créature au doux regard bleu dotée d’une étonnante et irrépressible vitalité. Moi, le bout de viande aux yeux morts, j’aurais saucé un morceau de ma carcasse dans l’océan de la Vie, je me serais débarrassé sans m’en soucier de quelques gouttes de mes sécrétions, et du mélange hasardeux de mes sucs et de l’eau de la mer serait né cette espèce de fabuleux poisson. Ils appellent cet inconcevable tour de magie la paternité, mon vieux. Enfin, il paraît que de certaines mixtures faites à partir des déjections des hommes, la vie arrive à se produire, comme ça, miraculeusement, tout à coup. Voilà une de ces occasions que l’existence nous donne de vaciller tragiquement sur notre socle, une de ces rarissimes expériences susceptibles de nous jeter à bas de nous-mêmes et de nous faire éclater en mille morceaux plus dérisoires que les débris de nos misérables jours. Il n’y en a pas beaucoup d’autres qui feront surgir devant notre nullité, avec une pareille intensité, une telle urgence, leur impitoyable exigence, celle de plonger notre regard jusqu’au fond du monstrueux sac à déchets que nous sommes, de mettre toute notre effroyable pourriture et toute notre âme en équilibre dans les deux plateaux de la balance, afin que nous puissions nous juger nous-mêmes pour ce que nous sommes réellement, pour une fois.

29/09/2009

29. CE N'EST PLUS DE LA MÉMOIRE, C'EST DÉJÀ DE LA CUISINE

La journée d’hier est parfaite, je n’y touche plus.

28/09/2009

30. "LE QUÉBEC AUX QUÉBÉCOIS"

J’ai beaucoup ri le jour où j’ai appris qu’il existait ici une chose qu’on avait appelée, sans doute d’une façon tout à fait appropriée, « la Table de concertation sur la faim du Montréal métropolitain ».

27/09/2009

31. LE MEILLEUR DU PIRE

Le véritable courage, c’est de vieillir, c’est-à-dire d’endurer.

26/09/2009

32. GOGOS & GRANDS VEAUX

J’éprouve une haine assez tenace pour les buveurs de café et davantage encore pour les infâmes licheux de crème glacée qui ne répugnent pas à se la sortir en public.

25/09/2009

33. ZOOLOGIE

L’homme n’est pas un loup pour l’homme, il est un loup – un animal soumis à la meute.

24/09/2009

34. TÊTE À QUEUE

Sainteté.

Non.

Spiritualité.

Non.

Santé.

Non.

23/09/2009

35. GÉHENNE

Quand je vais dans la ville et que je vois les yeux des gens, surtout s’il fait chaud comme aujourd’hui – à Montréal, il peut faire vraiment chaud – , je comprends que la vie n’est pas bonne. Elle ne demande qu’à nous chasser, à se débarrasser de nous, à faire de la place pour ceux qui nous poussent dans le dos sur les trottoirs du monde et qui gémissent comme des bêtes en marche vers l’abattoir. Dans les yeux des gens de la rue, dans leurs yeux de solitaires qui ne vont jamais nulle part, il y a la stupeur et l’embarras d’exister, il y a la sordide lassitude de vivre et l’appétit secret de la mort. Nous ne sommes pas faits pour vivre, mais pour nous reproduire et nous divertir, pour nous distraire de notre insupportable existence, pour ouvrir nos grandes mains molles et griffer l’air, grotesquement, en attendant de mourir. Les chiens ne regardent pas la télévision, ils n’achètent pas de bouteilles d’alcool ni de billets de loterie, et pourtant ils sont mille fois plus heureux que nous. S’il n’y avait pas l’argent que nous avons inventé dans l’unique but de nous tenir tous désespérément affairés, à quoi pourrait bien servir le Japon et notre espèce tout entière ? Pour nos pauvres enfants, la vie est peut-être un terrain de jeux, mais pour l’adolescent elle est déjà une prison, et pour les adultes, ces méchants suprématistes, la géhenne, le séjour des réprouvés, le camp de la mort, c’est tout comme.

22/09/2009

36. MOI D'HOMME

Il disait : « Moi, je ne suis personne, évidemment – ou alors je suis l’homme. Et si je suis l’homme, alors je suis tout l’homme. » Il s’appelait Moi. Les autres l’appelaient Blind Pig et lui disaient : « Va raconter ça aux pompiers, Chose, ils vont t’arroser ! » Et il répondait : « Tiens, c’est une idée, ça… »

Il disait : « Je suis plus nombreux que moi-même, idée assez répandue. »

Il disait : « Je n’en ai pas encore assez d’être déjà trop à force de n’être personne. Bref, je suis l’homme. Et si je suis l’homme, alors je suis tout l’homme. »

Etc.

21/09/2009

37. SHOWBIZ

Ce n’est pas moi qui saigne, c’est ma croix.