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03/10/2009

25. DES NOUVELLES DU FRONT

Les joyeux drilles de la Sécurité du Revenu viennent de lui dégoter une espèce de faux emploi du côté des poubelles de la société, un secteur dont j’entends dire qu’il est actuellement en pleine croissance. Il ne s’agit pas à proprement parler de travail obligatoire, mais de ce qu’on pourrait appeler un « emploi du temps », en quelque sorte. Quatre heures par jour, depuis deux ou trois semaines, il remue de la poussière dans un vague local où les putes et les mendiants du quartier peuvent aller se jeter un petit café ou échanger leurs seringues usées contre des flambant neuves. Il en a fait du chemin depuis Penfield Avenue. Elle est loin à présent l’époque bénie où il plastronnait chez Cossette, la fameuse agence de pub pendue au flanc du Mont-Royal comme à la mamelle d’une truie bien grasse, bien prospère. Hélas, mon ami, les chemins qui ne montent pas vers les ciels d’argent ont une fâcheuse tendance à conduire vers le bas de la ville et puis la racaille et l’ordure. Après, il n’y a plus que le fleuve, on ne peut pas aller plus loin, à moins d’y piquer une tête entre l’étron et le poisson mort. C’est ce qu’on appelle par ici le « boutte de la marde ».

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