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10/09/2009

7. UN RÉGAL

J’ai toujours pensé qu’il faut être malade pour être médecin. Quelle race d’incompétents stupides, vaseux, rapaces, ignorants, calamiteux, blasés, regrettables, arrogants, menteurs, vantards, incohérents, sordides ! Une race de garagistes aux mains blanches, bornés, soûls d’argent, qui jouent à se prendre pour Dieu le Père et qui gagnent leur lamentable existence en disant aux gens de faire le contraire de ce qu’ils font ! Ah, la mort d’un de ces salauds, quel délicieux sujet de méditation ! Le bon docteur la porte en lui-même, sa mort, comme vous et moi, comme tout le monde, bien sûr, mais il a ce regard, n’est-ce pas, qui lui vient de la connaissance approximative des mécanismes du sac, organes, boyaux, artères, glandes, cerveau. Après avoir passé une vie entière à vivre en vrai charognard de la mort des autres, quel plaisir que de l’imaginer s’examinant lui-même, considérant la progression du mal en lui, prévoyant ses propres râles de douleur, son impuissance, sa défaite, sa disparition, son effacement définitif, irrémédiable, de la surface du globe, sans qu’il puisse s’en laver les mains, pour une fois ! Ô philosophique joie ! Un médecin qui se meurt, qui se voit mourir, qui n’y peut rien, qui souffre doublement, triplement, de savoir comment s’opère la réalisation de sa destruction, de son anéantissement, ça vaut amplement toutes les études que la société lui a payées et qui lui ont permis de faire chier, à répétition, en toute impunité, avec tant de méprisable prétention, le pauvre monde durant un nombre toujours beaucoup trop considérable d’années !

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