Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/08/2009

7. LA JOIE

Ah, je pouffe ! Ça marche à tout coup : quand l'envie me prend de me secouer la rate à m'en pisser dans les bottines, il me suffit d'imaginer un peu la foultitude des ratés aux mains vides qui encombrent le vaste monde, leurs bouilles d'ahuris, les yeux caves, le fléchissement du col, la lassitude, la protestation, faible, faible, inaudible, presque : « Pourtant, pourtant... » Quoi, pourtant ? Tu en as voulu, des gloires, des légendes, des femmes, des plénitudes, des fortunes, des pouvoirs, des sorcelleries, des prodiges ! Il s'est bien débattu, ton petit cœur tout gonflé d'ambitions, de délicatesses, d'amour de toi et de cette foi grandiose que tu avais en la vie, tu as rêvé que tu t'en beurrais une de ces tranches épaisses comme la main, et tu finis en te bouffant les doigts de désespoir ! « Pourtant, pourtant... » Eh oui, tu t'es pété la fiole, mon gars, tout a foiré, tes misérables rêves t'ont déboulé sur la tronche, risibles, pitoyables comme toi-même, sordides et lamentables comme ton existence, comme ta sale naissance, minable, et maintenant te voilà détruit, pire, te voilà seul, seul de la solitude du zéro absolu ! Ah ! Comme c'est drôle !

Take it like a man, my friend ! Suffer !

 

Les commentaires sont fermés.